Patrimoine · Fontaines · Chapelles · Histoire
De par sa taille et son ancienneté, André Malraux a estimé qu’il méritait le nom de « Parthénon de la Préhistoire ».
Situé sur la commune de Plouezoc’h sur la rive droite de la baie de Morlaix, le cairn (gros tumulus) est construit sur un socle rocheux de la presqu’île de Kernéléhen. Il constitue l’une des premières traces en Europe de construction en matériau durable. D’après les datations effectuées à partir de charbon de bois retrouvé sur le site, les deux cairns qui le composaient seraient antérieurs de 2000 ans aux premières pyramides. Il est généralement admis que le cairn de Barnenez date de 4500 à 4700 av.JC ce qui fait de cet ensemble un des plus vieux monument funéraire au monde.
Ce monument intrigue par son envergure : Il mesure 70 mètres de long et selon les endroits sa largeur varie de 20 à 25 mètres Sa hauteur d’origine qui reste encore inconnue aurait pu atteindre 8 mètres. L’ensemble des pierres a un volume estimé entre 6500 et 7000 mètres cubes et correspond à un poids estimé de 12 à 14 000 tonnes. La construction d’un tel ensemble nécessite la participation de tous pendant de nombreuses années . On s’étonne de la complexité de l’appareillage des pierres et du peu de mobilier découvert face à un tel gigantisme dans les constructions.
Cet ensemble abrite 11 dolmens noyés dans une architecture en pierres sèches appareillées. Il regroupe en réalité deux cairns juxtaposés, la partie la plus ancienne, située à l’est, comprend 5 chambres à couloir. L’ensemble le plus récent accolé au tumulus initial englobe les 6 autres dolmens. En 1807 le tumulus est cité dans le cadastre napoléonien puis en 1850 lors d’une réunion de scientifiques par le maire de la commune de Plouezoc’h.
Ces signalements ne suffiront pas à le protéger . En 1954 un entrepreneur chargé de construire une route alla sans scrupule piocher dans l’importante réserve que constituait le monument. Il fut sauvé in extremis de la destruction en 1955 par Pierre Roland Giot directeur des antiquités historiques en Bretagne. Des fouilles furent entreprises et le monument restauré.
Cairn de Barnénez, 29252 Plouezoc'h
En savoir plusL'église Saint-Étienne, restaurée en 1859 date du XVII me siècle. Elle comporte une nef lambrissée qui a été reconstruite en 1642. Le clocher de type Beaumanoir se compose de deux étages de cloches et date de 1627. A noter à l’intérieur une nef particulièrement riches de statuettes, de lustres en cristal, de vitraux et deux maquettes de bateaux qui méritent une visite.
L'église est ouverte à partir de Pâques.
Ce superbe édifice a été restauré entre 1983 et 1986.
L’histoire de Plouezoc’h se lit aussi à travers ses croix, depuis la plus rudimentaire à la plus travaillée, depuis le haut Moyen Age et jusqu’au vingtième siècle.
A l’image des deux croix de l’église Saint-Etienne , l’une est taillée d’un seul bloc dans le granit et rappelle les menhirs christianisés, l’autre richement ornée, dite croix hosannière, rare en Finistère, date selon les sources, du XIII ème siècle ou du XVI ème siècle.
La croix Kroaz Kouign Amann datée de 1850 rappelle le passage en 1506 de la duchesse Anne non loin de Roc'hou et témoigne de la révolution qui en 1793 a amené des habitants de Plouezoc’h à briser la croix avant qu’une nouvelle ne soit érigée en 1850.
On trouve encore au cimetière, une croix à la mémoire des victimes de la guerre et la croix ornant la sépulture de la famille De Kersauson, et portant sa devise.
A la chapelle Saint-Antoine trois croix : 1758, 1877 et XIX siècle.
Plus étonnante encore est la croix de pierres blanches insérée dans la construction du mur d’une propriété au lieu dit Croix-Blanche. Par ailleurs, une croix fixée au mur de la chapelle Saint-Gonven, les deux croix de Runic (1820 et 1946) ou celle de Trodibon (1865) complètent cette collection impressionnante.
Plus d'informations sur le site de l'association "patrimoine et chemins"
La pierre, qui participe à la richesse du patrimoine naturel trégorois, a servi à bâtir de nombreuses demeures qui témoignent de la succession des puissantes familles du pays de Morlaix dans cette baie. Plouezoc’h en possède de nombreux exemples, tel l'ancien château de Lanoverte du 16ème siècle et dont on dit que, de l’une des deux tourelles, aujourd’hui disparues, partait un souterrain qui rejoignait le château du Taureau.
Trodibon, sur la promenade du Dourduff, date du 18ème siècle et s’offre dans son écrin de verdure avec une certaine majesté au regard des promeneurs. Ses jardins s’étendent sur 21 hectares .Le climat doux de l’endroit a permis la plantation d’une végétation exubérante de rhododendrons, hortensias et palmiers. Ce superbe château fut aussi le cadre d’un film. Il lui était attaché la maison de Kerfénéfas, qui remonterait au 16ème siècle et dont l’escalier est particulièrement mis en valeur.
Le manoir Traon-Nevez fut lui aussi rattaché à Trodibon, il devient laverie du château, ferme puis un centre aéré et sera cédé en 2001 à la Fondation Massé-Trévidy qui y développe un jardin conservatoire et un lieu d’exposition.
D’autres grandes demeures complètent ce patrimoine, le manoir du Roc’hou du 18ème siècle et l'ancien manoir de Kerjean.
Morlaix est au XVIe siècle un port prospère, l’activité principale est la vente de toiles de coton et de lin. Cette puissance attise les convoitises et la ville est l’objet d’attaques répétées des anglais. Exaspérés par les anglais qui mettent la ville à sac et la brûlent, les commerçants morlaisiens décident de prendre en main leur défense.
L’entreprise est ardue mais stratégique, c’est le seul passage praticable pour les grands navires dans la baie et à portée de canon. Les coûts de fonctionnement et d’entretien constituent un lourd sacrifice pour les habitants. A l’époque l’édifice ne comprenait qu’une tour et des courtines. Le château du Taureau est reconstruit au début du XVIIIème siècle par Vauban, ingénieur militaire de Louis XIV chargé de moderniser les fortifications du littoral breton il considéra que le bâtiment avait de trop faibles fortifications.
A l’exception de la tour française le bâtiment est détruit puis reconstruit.
Après l’achèvement des travaux en 1745, il épouse complètement la forme du rocher sur lequel il est construit. Le château, auquel on accède par un pont-levis, ouvre ses canonnières à l’ouest en direction du chenal seul passage maritime praticable à l’époque pour rejoindre Morlaix. Comme beaucoup de places fortes de cette époque, il fait fonction de prison jusqu’en 1871. Il abrita notamment le fameux communard Blanqui. Le monument est ensuite délaissé jusqu’à ce qu’un vaste programme de restauration soit engagé pour le sauver de la ruine et le rendre accessible au public. Actuellement c’est un château qui se visite au départ de Carantec ou de Plougasnou.
Pour les curieux, après une petite traversée, la découverte du château : pont-levis, cellules, terrasses, logement du gouverneur, tout se visite.
La Partie supérieure du bâtiment permet de découvrir sur 360° la baie de Morlaix .